The Overblowers

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Extraits de l'album :

Publié par The Overblowers

Je démarre une série d'articles non pour expliquer la technique des overnotes (j'y viendrai un jour, promis), mais pour mentionner un certain nombre d'idées reçues. La raison est qu'il me paraît important de se débarrasser de ces préjugés pour accéder à la technique de base. En effet, ces idées, parfois très répandues, sont des freins, qui empêchent d'avancer, et donc de progresser. Une fois qu'on aura tout jeté, on pourra se concentrer sur l'essentiel.

 

Dans la série "fantasmes diatoniciens", je vous propose aujourd'hui :

"on n'est pas tous pareil, la forme de la bouche est propre à chacun, donc la technique aussi".

Je commence par ce point car c'est probablement le plus répandu, et celui qui paraît le plus logique de prime abord. 

Quelles que soient les parts de réalité et de fantasme derrière cette idée, il est intéressant de noter qu'aucun autre apprenti instrumentiste ne se pose ce genre de question. 

Par ailleurs, notons que personne ne vous donnera les coordonnées euclidiennes de la langue en fonction de la technique utilisée, ni la dérivée seconde de son mouvement permettant d'obtenir l'accélération exacte à lui donner. Rien n'est à ce niveau de précision.

Quelle que soit la forme de mes doigts, je vais apprendre une manière de poser mes mains sur un sax, qui sera commune à tous les autres saxophonistes en herbe (ok, ok, sauf si j'ai 6 doigts à une main et 3 à l'autre). Mon prof me dira comment poser mes mains sur le sax. A moi de le faire de la manière qu'il me décrit, avec mes mains, et leurs infinitésimales particularités.

 

Autrement dit : il n'y a pas de différences physiologiques suffisamment grandes justifiant l'inexistence d'une technique commune, fiable et efficace.

 

Cela n'empêche pas qu'il y ait une différence entre la connaissance théorique d'une technique et son application. Si je n'arrive pas à faire une chose, ce n'est pas forcément parce que je n'ai pas trouvé ma manière à moi de la faire (sous-entendu : "ma manière, différente des autres joueurs, qui ont trouvé la leur"). Par exemple, je sais ce qu'il faut faire pour obtenir une note dans une flûte traversière, cela ne signifie pas que j'en sois capable.

Une fois la théorie comprise, c'est la pratique qui permet de muscler la bouche et la langue, de manière à obtenir les notes désirées. Et plus les notes sont obtenues facilement, plus on comprend la théorie grâce à la pratique, et plus on peut améliorer sa technique.

Inversement, plus on rejette l'idée d'une technique commune, moins on pourra donner une direction à son travail, et donc continuer à progresser. On se contentera du peu qu'on arrive à faire tout seul dans son coin, en se disant que c'est l'instru qui oblige à ça, voire, si on pousse la mauvaise foi jusqu'au bout, que c'est justement ça le charme de cet instrument (ou au contraire, que l'instrument n'est pas fait pour ça, puisque je n'y arrive pas, ce qui revient à peu près au même).

D'ailleurs, faisons court : si vous êtes persuadé qu'on est tous différents, et que chacun doit développer sa propre technique, pourquoi donc passez-vous du temps à lire des blogs sur l'harmonica, et à chercher des conseils à gauche ou à droite pour progresser ?

D'une certaine manière : on aimerait bien qu'il existe une méthode commune que l'on puisse nous enseigner, mais on a du mal à en accepter l'idée puisque, justement, "on ne sait pas faire", et qu'on a même pas idée de ce que pourrait être une technique commune.

Si vous arrivez à comprendre ce paradoxe, ou au moins à le prendre en compte, alors vous êtes prêt à passer à l'étape suivante.

 

Mon conseil du jour : autant que possible, ne vous réfugiez pas derrière le "pour moi, c'est différent", argument bien presomptueux servant souvent à cacher ses manques. Soyez plus humble que cela, acceptez qu'il existe des réalités dont vous n'avez pas idée, c'est la seule manière de les découvrir un jour. Et une fois découvertes, ayez encore l'humilité d'accepter que seul le travail paie. Le reste n'est qu'une question de choix, et de possibilités : faire l'effort ou pas ?

 

Notez au passage que ce n'est pas parce qu'une technique permet de réaliser certaines notes de manière fiable, qu'il est interdit pour autant d'utiliser différentes façons de placer sa mâchoire, d'articuler les notes, de bouger la langue, etc, en fonction de l'effet que l'on veut obtenir.

Comme pour tout instrument, l'acquisition de la technique de base permet de maîtriser son instrument, et de jouer toutes les notes telles qu'elles doivent être jouées pour être audibles en toutes circonstances de jeu. Une fois que l'on sait faire cela, on peut intégrer d'autres techniques permettant d'agrandir sa palette sonore. Ce sont deux points complémentaires, mais différents.

 

 

PS : je remercie les récents participants à une discussion sur un forum, de m'avoir donné l'idée et l'envie de traiter des mythes liés à notre instrument. Ils reconnaîtront certainement des bouts de leur conversation ici, je m'excuse humblement pour ce plagiat honteux.

 

Les autres mythes ici

Overnotes : mythes et réalités n°1

Commenter cet article

Jean-Mi 21/09/2013 00:13

Illustration de ; "Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?"

JersiMuse 21/09/2013 00:36

Parce que parfois la simplicité est dure à accepter ? à assumer ? à affronter ? poil au nez ? :-)

Pascal Harmo 20/09/2013 20:32

;-) tu as décide de te faire des amis ? Ou de trier les bons ;-) ?

JersiMuse 21/09/2013 00:35

m'en fous, j'ai pas d'ami, alors je balance tout ! et tant mieux si le niveau s'élève, vous l'aurez voulu (ou pas) ! ah ah ah ah ah ah (rire machiavélique qui fout vraiment la méga pétoche)

Sebcharlier 20/09/2013 16:46

Voilà...

JersiMuse 21/09/2013 00:37

où ça ?
ah oui, d'accord, je vois :-)