The Overblowers

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Extraits de l'album :

Publié par The Overblowers

Cette 5ème édition du stage Diato-Jazz fut à nouveau un grand moment pour moi, et j'espère que ce fut la même chose pour les stagiaires et Sébastien.

Avec un petit quelque chose en plus par rapport aux précédentes sessions, sûrement lié au fait qu'on entend clairement la démarche et le jeu de chacun se préciser. On sent que les stagiaires s'autorisent de plus en plus à écouter, se placer, choisir, créer, bref, se plonger dans la musique (au lieu de rester en surface d'une grille harmonique, et en butée sur un point technique). Ne plus uniquement jouer des notes pour combler des espaces vides, mais rechercher un discours musical. Chacun à son niveau peut le faire, encore faut-il savoir où sont les clés des portes que l'on a souvent fermées soi-même (wow, me voici bien lyrique tout d'un coup, un trop plein de balades sans doute !).

En tous les cas, je suis vraiment très content de ce que j'ai entendu de la part des stagiaires.

 

Pour ce qui est du programme, on a mis comme prévu l'accent sur les pentatoniques. Explications, utilisation dans un certain nombre de situations, lien entre chaque gamme pentatonique est les accords d'un morceau.

Puis on s'est concentré sur Autumn Leaves, qui nous a servi de fil conducteur pour tout le stage.

On a vu comment déterminer LA "killer pentatonique" permettant de jouer tout le long d'un morceau qui module peu, quel qu'il soit. On a fait l'essai sur Autumn Leaves, pour s'apercevoir que ça marchait du tonnerre.

On a regardé pourquoi ça marchait sur l'ensemble des cadences du morceau, et constaté que certes, c'est très efficace et super pratique mais bon, toute une grille d'impro sur une seule penta c'est long, et 2 grilles c'est déjà impossible, sauf si on a décidé d'endormir toute l'assistance (à partir de 3, il faut faire attention, il pourrait bien y avoir un sniper embusqué dans la salle pour dégommer le soliste indélicat, ou tout simplement le débrancher ... private joke, sorry ...).

On a donc passé pas mal de temps à regarder les autres possibilités de pentatoniques, et à les tester. On a même intégré la gamme blues, revisitée pour s'adapter à des contextes plus chanson ou jazz. Puisque c'est possible, et puisqu'on la connaît bien, on aurait tort de se priver !

En petits groupes, on peut vraiment prendre le temps de jouer, tester des choses, écouter ce que cela donne, revenir dessus, rejouer, réécouter, et commencer même à intérioriser certaines options mélodiques ou rythmiques.

On a donc joué et joué encore, utilisant une penta sur une partie du morceau, puis une autre, ajoutant telle ou telle extension, écoutant le résultat, une autre penta sur une autre partie, etc.

On a travaillé quelques phrasés également, et fait la jonction entre l'intention mélodique et le discours rythmique, l'un ne pouvant se détacher de l'autre. On est donc revenu sur le placement swing. Sébastien Charlier a vraiment l'art d'enseigner le swing et les accents comme personne. Une petite phrase rythmique à chanter, que l'on place en fonction du métronome et - pouf-pouf abracadabra - , même avec des onomatopées informes, on entend déjà le swing de chacun se mettre en place. Proposition d'une phrase sur laquelle appliquer ces onomatopées et pouf, tout le monde se met à swinguer ! La classe !

Au moins on sait maintenant comment travailler les plans et phrasés : appliquez systématiquement ces articulations et accents, et il ne se passera pas longtemps avant que tout votre jeu se mette à groover !

Enfin, nous avons passé la dernière session à répondre aux questions en tous genres : comment améliorer les overblows, comment déclencher les overdraws, quels choix pour la gestion du son amplifié, comment organiser son travail pour progresser plus vite, comment garder une motivation intacte, les enjeux entre musiciens en jam, le développement d'une musique commune lorsque l'on joue en duo, etc, et à profiter des anecdotes croustillantes de maître Charlier.

 

Deux moments privilégiés avec des musiciens pros ont ponctué ces 4 jours.

Le premier lors du boeuf. Cette année, nous avons voulu ce boeuf tout acoustique, pour favoriser la recherche mélodique de chacun, et obliger à chercher un placement rythmique commun avec les accompagnateurs, donc à gagner beaucoup en écoute. Pas déçus nous fûmes eh eh.

Reste à approfondir l'interaction avec les musiciens accompagnateurs, et le développement d'une musique commune. Ce sera certainement l'objet d'un stage futur.

Deuxième temps fort "en situation réelle" : une session pour chacun en tête à tête avec Gilles Zanella, guitariste, poète musical, et grand inspirateur du Zanella Trio. L'occasion lors de chaque duo : de se retrouver seul en situation avec un musicien, et non des moindres, de percevoir le regard de Gilles sur la musique en général, et les enjeux de l'improvisation à deux en particulier (de la création musicale commune, comme il dirait), et d'avoir son avis (et le mien au passage), sur les qualités et les défauts de chacun. On rejoue le morceau, riche de ces conseils, et l'on s'aperçoit que prendre conscience d'un défaut (ou un "tic musical") personnel permet souvent d'enrichir instantanément son jeu, de s'attaquer aux points les plus importants, qui nous permettront de progresser beaucoup plus vite par la suite.

 

Sébastien se joint à moi pour adresser :

- un immense merci aux stagiaires, pour leur sympathie et leur amitié, au-delà de la musique, pour ces moments de partage et de franche rigolade, pour leur gentillesse, et l'ambiance vraiment bon enfant qui se dégage. De toutes façons, ce ne serait clairement pas possible autrement pour Mme A. et moi-même, vous le savez, alors très sincèrement : MER-CI !

- un immense merci à Yannick et un encore plus immense à Jean-Michel, pour les nectars, ainsi qu'à Laurent pour les fleurs & les superbes photos (comme d'hab', et Gilles pour la confiote maison !

- un immense merci à A. pour ses repas, son travail dans l'ombre avant et après chaque journée, et sa patience !

 

Je dois avouer que je me suis fait avoir à mon propre jeu : de stage en stage, de souvenirs en souvenirs, de rencontres en rencontres, et bien au-delà de la musique, je finis toujours ces quelques jours riches d'enseignements pour moi, et malgré la fatigue, en me disant : "vivement le prochain !".

 

PS pour les stagiaires : je vous envoie les documents écrits et sonores très rapidement.

Bilan du stage Diato-Jazz de mai 2014

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Thierry 06/05/2014 15:53

Bien bien cool tout çà...